Pudding de chia pomme poire cannelle

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RECETTES VEGAN | Le week-end dernier, j’ai eu la chance d’assister au festival Mind, Body & Spirit Cyprus à Limassol. Un week-end entier consacré au yoga, aux thérapies alternatives, à la méditation, à la nutrition holistique … Un pur bonheur! Et, cerise sur le gâteau, tous les participants – donc moi y compris – ont reçu en cadeau un petit sachet de graines de chia!

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Mais les graines de chia, c’est quoi? Apparemment, ces petites graines étaient déjà cultivées par les Aztèques, non seulement pour l’alimentation, mais aussi à des fins médicinales et comme offrande aux dieux. Aujourd’hui, elles sont consommées au Paraguay, en Bolivie, en Argentine, au Mexique et au Guatemala (1). La particularité de ces graines est qu’elles sont extrêmement riches en oméga 3, en vitamine B et en minéraux, ce qui leur a valu d’être incluses dans la catégorie des superfoods tellement à la mode aujourd’hui dans les cercles wellness, yoga ou fitness, tout comme le quinoa, les myrtilles, les baies de goji ou la spiruline.

Mais ces superfoods sont-ils vraiment des produits « miracle » ou est-ce juste une hype commerciale et passagère? D’un point de vue nutritionnel, il est indéniable que ces produits sont un vrai concentré d’antioxydants, de nutriments et de minéraux. Mais ce ne sont pas les seuls. Les nutriments trouvés dans le kale (une sorte de chou), par exemple, sont aussi contenus dans les brocolis, les choux-fleurs ou les choux de Bruxelles. Je trouve que la consommation de superfoods doit faire partie d’une approche globale d’alimentation et de style de vie sains plutôt qu’une obsession à en consommer de manière intempestive. D’autant plus que la production de ces superfoods a parfois des conséquences socio-économiques désastreuses. Par exemple, l’augmentation exponentielle de la demande de quinoa par les consommateurs occidentaux soucieux de leur santé a provoqué une hausse de prix telle qu’en Amérique Latine, les producteurs locaux eux-mêmes ne peuvent plus en acheter, alors que cette céréale a fait partie de leur alimentation de base pendant des centaines d’années. De plus, depuis la hausse de demande mondiale de quinoa, des tracteurs ont largement investi les plateaux de l’Altiplano en Bolivie, et déplacé de nombreuses communautés locales. Enfin, la soudaine production intensive de quinoa a fortement perturbé l’équilibre écologique de la région (2).

Quoi qu’il en soit, il y longtemps que j’ai conscience de l’impact de l’alimentation sur la santé. De fait, grâce à ma mère, j’ai développé l’habitude de ne consommer que des produits sains et frais depuis mon plus jeune âge. La cuisine vietnamienne est très légère et contient beaucoup de légumes. Dès qu’un plat est trop lourd, trop gras ou contient trop de produits surgelés ou en boîte, je m’en aperçois immédiatement. Aujourd’hui, forte de l’influence multiculturelle qui règne à Bruxelles, et des nouvelles avancées en terme de nutrition, j’ai beaucoup élargi ma palette de recettes, qui a tendance à être saine, la plus locale possible (je limite les produits importés au maximum et préfère les fruits et légumes de production biologique et de saison), relativement pauvre en viande, mais gourmande quand même. Je n’ai rien en soi contre la consommation de viande – si elle est produite de manière durable et dans le respect de l’animal, comme cela se faisait avant l’ère post-industrielle. Le problème, c’est qu’aujourd’hui, c’est rarement le cas. Il suffit de voir comment est élevé et abattu le poulet de batterie, ou comment des hectares et des hectares de forêts sont rasés en Argentine et au Brésil satisfaire les demandes de viande de boeuf des occidentaux. Ces pauvres bêtes sont pour la plupart élevées et abattues dans des conditions déplorables (3) (4). Sans parler de la production industrielle de lait qui met les vaches dans un état de souffrance et de torture physique de la naissance à l’abattage. C’est là que se situe l’argument des végétaliens qui refusent le moindre aliment de nature animale. Je me pose alors la question à moi-même: est-ce que j’ai envie de nourrir mon corps avec des aliments qui contiennent une telle souffrance? La réponse est non, bien sûr…

Je n’irai pas jusqu’à l’extrême d’un régime strictement végétalien, mais je prends en considération tous ces éléments dans mes choix journaliers de consommation. Consommer moins de viande mais de très bonne qualité (viande en provenance de ferme locale et de petite échelle, ou du gibier). En effet, et malheureusement, je pense qu’aujourd’hui, nous avons plus de pouvoir en tant que consommateurs qu’en tant que citoyens, et que si nos votes politiques ont peine à faire une différence, les produits que nous choisissons de mettre ou de ne pas mettre dans notre caddie le peuvent. En plus des facteurs sociétaux, il y a bien sûr également les bienfaits sur la santé. Il y a deux ans, pour restaurer ma flore intestinale bien abîmée (excès de stress, café et pauses Royco), je me suis abstenue de sucre et de gluten pendant près d’un an. C’est fou ce que notre alimentation générale est sucrée! Et en ce qui concerne le gluten, presque tout aliment produit de manière industrielle contient du blé (probablement industriel). On ne s’en rend même pas compte! Je n’ai pas partagé mes recettes car j’ai voulu mettre l’accent sur la cuisine vietnamienne (pauvre en sucre et majoritairement sans gluten). Je le regrette un peu, car je pense que cela aurait pu en aider beaucoup d’autres dans la même situation que moi (troubles intestinaux ou candidose). Je pense néanmoins faire dans le futur des cures « flash » de durée limitée, par exemple 30 jours de détox, et je me ferai un plaisir de partager mon expérience avec vous sur le blog. Bien sûr, s’il arrive que je m’inspire ou que j’emprunte l’une ou l’autre recette d’un ou d’une autre créateur/créatrice de recettes, je ne manquerai pas de mentionner mes sources et de donner les crédits à la personne qui le mérite. Je ne fais pas dans le plagiat.

Aujourd’hui, j’ai donc le plaisir de partager une recette végétalienne avec des graines de chia que j’ai reçues en cadeau, et des pommes et des poires d’ici. Je vous avoue que lorsque j’ai vu des fraises tellement reluisantes au supermarché, la tentation était grande. Puis je me suis dit que début avril, pour la Belgique, c’était bien trop tôt, et que ce n’est pas encore vraiment la saison, alors je me suis rabattue sur des pommes et des poires tout aussi délicieuses. Voici donc la recette.

Pour 1 personne

  • 2 cuillères à soupe de graines de chia
  • 150 ml de lait de coco (la version à boire, qui est diluée, pas la version pour cuisiner) pour le pudding + 30 ml pour le smoothie
  • 1 poire Williams
  • 1/2 pomme Kanzi
  • 2 cuillères à soupe de muesli (rases)
  • 2 cuillères à café de beurre à l’érable (ça s’appelle beurre à cause de la consistance mais ne contient pas de produit laitier!) ou de sirop d’érable
  • de la cannelle
  • un mélange de graines, de raisins et de baies pour la décoration

La veille, mélangez les graines de chia avec 150 ml de lait de coco et 1 cuillère à café de beurre à l’érable dans un bol. Mélangez bien pour éviter les grumeaux! Le lendemain matin, vous devriez avoir un mélange assez compact et de consistance similaire à un pudding.

Coupez la poire et la pomme en petits morceaux et passez-les au blender avec le muesli, 1 cuillère à café de beurre à l’érable, une pincée de cannelle et 30 ml de lait de coco. Gardez quelques lamelles de poire pour la décoration si vous le souhaitez. Adaptez au besoin la quantité de liquide mais l’idéal est d’avoir une consistance assez compacte comme une panade, ou un smoothie compact, de manière à ce que cela se tienne avec le pudding de chia par-dessus.

Prenez un verre, mettez la panade de pommes et de poires, mettez ensuite le pudding de graines de chia, décorez de lamelles de poires et d’un mélange de graines, de raisins et de baies (j’ai pour ma part choisi un mélange du Delhaize qui contient des raisins secs, des graines de potiron, des baies de goji, des framboises infusées, etc.). Saupoudrez d’un tout petit peu de cannelle si vous le souhaitez, et c’est déjà prêt!

Bon appétit!

Sources:

(1) https://en.wikipedia.org/wiki/Salvia_hispanica

(2) http://www.alternet.org/food/quinoa-hot-new-superfood-it-moral-eat-it

(3) http://www.onegreenplanet.org/animalsandnature/beef-production-is-killing-the-amazon-rainforest/

(4) http://wwf.panda.org/who_we_are/wwf_offices/argentina/environmental_problems_argentina/

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Une réflexion sur “Pudding de chia pomme poire cannelle

  1. Pingback: Chia pudding with apple, pear and cinnamon | d'anis et d'étoiles

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